L’ ATELIER RENE BOIVIN

René Jules Boivin est né en 1864 à Paris. A l’âge de 16 ans, il rejoint comme apprenti l’un de ses frères, orfèvre, et suit conjointement des cours de dessin. Il se révèlera un extraordinaire dessinateur et remarquable orfèvre ciseleur.

1893 marque un virage radical dans la vie du jeune joaillier orfèvre. Héritier de l’esprit entrepreneurial, il s’installe au 38 de la rue de Turbigo après avoir fait l’acquisition de plusieurs ateliers de renom et s’être entouré d’artisans hautement qualifiés. L’originalité de ses créations se caractérise notamment par une extrême qualité d’exécution et de nombreuses innovations techniques telles que des systèmes d’articulations, d’emmaillements et de fermoirs invisibles.

Sa clientèle se développe et le succès grandissant l’oblige à prendre de nouveaux locaux au 27 rue des Pyramides.

UNE FAMILLE D'ARTISTES

La même année, il épouse Jeanne Poiret, sœur de l’illustre couturier Paul Poiret, influenceur des années Art Déco (ici ensemble au mariage de Germaine Boivin).

Cette union avec la belle-sœur du très réputé dessinateur et décorateur d’intérieur André Groult le propulse dans le cercle des précurseurs de nouvelles tendances.


LE SALON

Adoubé par l’intelligentsia artistique qui admire l’audacieux créateur au talent anti conformiste, très vite, René Boivin se crée une clientèle aristocratique fortunée et internationale.

Des liens privilégiés se créent avec de grands artistes tels que Raymond Templier, Jean Desprès et Pierre Sterlé dont nombre d'entre eux deviendront ses clients (photo ci-dessous).

En 1931, Jeanne Boivin s’installe avenue de l’Opéra et confie la décoration du bel appartement à son beau-frère André Groult.

Situé à proximité de l’atelier, le salon Boivin devient un lieu d'échanges et de rencontres, où l'on côtoie des célébrités telles que des têtes couronnées et des artistes, parmi lesquels, Raoul Dufy, Marie Laurencin, la Duchesse de Kent, Cecil Beaton, Jean Cocteau et beaucoup d’autres.

Pour Jeanne Boivin, la confidentialité du salon s’intègre plus dans l’esprit d’exclusivité, véritable empreinte de la Maison René Boivin.

Au fil des années se crée une nouvelle clientèle tout aussi prestigieuse : Hélène Rochas et Millicent Rogers (ici portant respectivement leurs broches tigre et étoile de mer), Karl Lagerfeld, Catherine Deneuve, Jean d’Ormesson, Diane de Furstenberg, Maura Tierney, Keira Knightley, ...


L’ATELIER DES DAMES

1917, mort prématurée de René Boivin.
Fait marquant dans la joaillerie française, la Maison René Boivin est reprise par son épouse Jeanne, secondée par une équipe de femmes qui feront résonner le nom du créateur jusqu’à nos jours. En 1921, Jeanne Boivin embauche et forme une jeune créatrice Suzanne Belperron, brillante diplômée des Arts décoratifs (ici à l'atelier). Juliette Moutard, dessinatrice de grand talent, lui succède dès 1933.



Jeanne Boivin, passionnée, forte de l’empreinte du savoir-faire artisanal et artistique de son époux, entourée de ses collaboratrices, n’hésite pas à bousculer les codes du savoir vivre, à réinventer le bijou avec un style caractéristique. Avant-gardiste dans les associations de matières, elle devient une phénoménale créatrice du demi-siècle.

Formidable précurseur, René Boivin avait introduit les pierres fines à des associations inédites telles que le bois et le corail dans ses créations. Dans le respect de son travail, Jeanne Boivin, talentueuse coloriste et passionnée d’architecture, revisite les formes et les volumes du bijou. Ébonite, corail, jade, agate, onyx, cristal de roche, diamants et pierres de couleurs s’unissent et signent le style de la maison Boivin.

Germaine Boivin, sa fille, douée pour le modélisme et la décoration, entre en 1922 chez son oncle Paul Poiret et créé l’espace accessoires du célèbre couturier. Dès 1926, tout en travaillant chez Paul Poiret, elle collabore à la création lors de ses visites régulières à l’atelier.

Au décès de Jeanne Boivin en 1959, Germaine prend la direction avec Juliette Moutard. Cette dernière excellait autant dans le dessin abstrait que dans le dessin réaliste. Elles forment une équipe et conjuguent leurs talents. Elles poursuivent l’œuvre de Jeanne Boivin avec des créations d’une grande originalité jusqu’en 1976, date à laquelle Juliette Moutard prend sa retraite.

Fidèle à la puissance de création et au style de René Boivin, l’atelier des dames perdure l’héritage par une approche anticonformiste en envisageant de manière innovante la notion du luxe. Le bijou n’est plus symbole de richesse lié à la réussite sociale mais objet d’art rehaussant la personnalité de celle qui le porte.

AUJOURD'HUI

La tradition artisanale et artistique de la famille se perpétue jusqu’à ce jour.

La Maison René Boivin demeure emblématique d’une certaine culture dans le milieu des arts. Ses bijoux sont prisés par les collectionneurs, les amateurs avisés et les professionnels de la haute joaillerie.

Les bijoux René Boivin suscitent la fascination et sont très recherchés pour leur originalité, leur intemporalité, leur modernisme et leur rareté.

La production limitée de la collection est réservée à une clientèle privée et quelques professionnels.